Histoires extraordinaires de Edgar Allan Poe

Publié le par Selenne

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DESCRIPTION :

Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. - Baudelaire.

Ce volume contient : 

- Edgar Poe, sa vie et ses oeuvres - Double assassinat dans la rue Morgue - La lettre volée - Le Scarabé d'or - Le Canard au ballon - Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall - Manuscrit trouvé dans une bouteille - Une descente dans le Maelstrom - La Vérité sur le cas de M. Valdemar - Révélation Magnétique - Souvenirs de M. Auguste Bedlo - Morella - Ligeia - Metzengerstein

 

EDITION :

Nom de l'éditeur : Lgf

Année : 1998

Langue : français

Collection : Le Livre de Poche

 

MON AVIS : 1/5

- Double Assassinat dans la rue Morgue :
L'auteur introduit sa nouvelle d'une thèse sur la faculté d'analyse en se référant (et opposant) principalement le jeu d'échec au jeu de dame et au whist. À moins que ce ne soit le contraire : la nouvelle vient appuyer la thèse. Page 37 : "Le récit qui suit sera pour le lecteur un commentaire lumineux des propositions que je viens d'avancer".
Toujours est-il que nous commençons cette nouvelle par la rencontre du narrateur avec C. Auguste Dupin, un gentleman français de bonne famille et doué d'une capacité de déduction et d'observation presque inhumaine. 
Par la suite, l'histoire se centre sur le double assassinat bestial d'une mère et de sa fille, sans motifs apparents, sans indices évidents et surtout dans un lieu complètement cloisonné et où la moitié du voisinage est sur les lieux (alerté par les cris) et fait barrage à un éventuel échappatoire d'un meurtrier. Alors pourquoi n'y a-t-il personne d'autre mis à part eux ? Comment tout cela a-t-il pu se produire ? C'est là que notre très cher Dupin va nous éblouir (comme pourrait le faire Sherlock Holmes de Doyle) !

J'ai essayé tant bien que mal d'emboîter les pièces du puzzle et de suivre de près les déductions de Dupin, d'un regard hébété je dois bien l'avouer. En tout cas ce que je peux dire c'est que la contrainte de l'écriture d'une nouvelle est très difficile : faire passer beaucoup en peu de pages et là pour le coup c'est réussi !

 

- La lettre volée :
Nous voilà repartis avec les mêmes protagonistes que dans la précédente nouvelle. Pas de meurtre ici mais un vol, celui d'une lettre, commis par le ministre D afin de faire chanter un membre de la famille royale. Il n'y a donc pas d'enquête puisque le voleur est connu de tous, seul problème : ladite lettre est introuvable par Monsieur G, le préfet de police, et ses collaborateurs... C'est là que Dupin entre en scène !
Il récupérera cette missive façon Arsène Lupin, tout en finesse et en ingéniosité certes, mais malheureusement ses explications analytiques vont occulter tout le récit... Et comme j'ai déjà eu droit au même schéma lors de la précédente nouvelle, je m'en suis lassée.

 

- Le scarabée d'or :
Tout débute par la visite du narrateur à son vieil ami, William Legrand, un homme cultivé, provenant d’une bonne famille, mais légèrement "farfelu" et franchement misanthrope. Il vit sur l’île de Sullivan avec un ancien esclave, Jupiter. Ces derniers rentrent d’une promenade, durant laquelle Legrand a trouvé un scarabée inconnu, un scarabée d'or...
Cette nouvelle qui est une nouvelle d'aventure et à aucun moment fantastique, nous transporte dans une chasse au trésor. Le style d'écriture est beaucoup plus limpide, je n'y ai pas retrouvé les mêmes lourdeurs que dans les précédentes. De ce fait, ce fut une lecture rapide mais pas franchement folichonne. Je n'ai ressenti aucune émotion, aucune exaltation par la découverte du trésor. J'ai observé passivement à travers les yeux du narrateur...

 

Le canard au ballon :
Je vais être sévère mais cette nouvelle est une abomination. Encore une fois, on se demande où est le fantastique. L'utilisation de termes "techniques" tels que : pouces, livres, tuyau, axe cylindrique, gouvernail, vis, nacelle, résistance à l'air (et j'en passe !) n'étant pas ma tasse de thé et ne faisant pas partis de mon vocabulaire coutumier, j'aurais lu du chinois ça aurait été pareil. 
En conclusion, cette nouvelle n'est qu'un vulgaire mode d'emploi ou "Comment construire un ballon dirigeable".

 

- Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall :
Que dire... On prend la même trame que dans la précédente nouvelle et on recommence. Cette fois-ci, ce sera l'histoire de Hans Pfaall, qui après avoir tué ses créanciers veut s'enfuir en ballon dirigeable vers la lune...
Je recommanderai à la NASA de lire cette nouvelle. On sait comment aller sur la lune sans que ça nous coûte des milliards de dollars et en plus c'est écologique. Je cite : " un ballon entièrement fabriqué avec des journaux crasseux ". 
Trêve de plaisanterie, cette nouvelle m'a laissé dans la même abomination que la précédente. Il devient de plus en plus difficile de continuer ce recueil.

 

- Manuscrit Trouvé Dans Une Bouteille :
J'ai bien aimé l'ambiance et j'ai trouvé les descriptions justes. J'avoue que je n'ai pas toujours tout compris du naufrage mais finalement c'est ce manque d'explication et de rationalisation qui me fait aimer cette nouvelle. Elle laisse place à l'imaginaire et au questionnement. Dommage pour la fin, elle est un peu abrupte.


...


 J'ai honteusement jeté l'éponge... Malgré une très bonne écriture, un perfectionnisme dans ses histoires où rien est laissé au hasard et une traduction par Monsieur Baudelaire en personne, Poe ne m'a pas séduite.
J'espérais de l'émotion, du frémissement, du fantastique ! Des nouvelles vieilles (trop vieilles ?) qui ne trouvent plus écho dans le genre fantastique tel que nous le connaissons aujourd'hui. 
Pour résumer, je ne conseillerai pas ce livre à quelqu'un qui veut lire Poe c'est certain ! Mais plutôt Les contes macabres.



Publié dans Fantastique

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